In Dans une expo

J’ai tardé à y aller, estimant que ça n’aurait de toute façon pas la poésie d’une  vraie acqua alta et que, pour me promener en barque sur un cours d’eau artificiel, autant aller à Disney Land. Et, même une fois à l’intérieur du Palais de Tokyo, je me suis tout d’abord refusée à me laisser prendre à ce que je considérais comme une attraction pour bobos.
En réalité, acquaalta m’a contrainte à laisser tomber mes défenses. Non pas pour le côté insolite de conduire une barque à l’intérieur d’un musée, mais parce que Céleste Boursier-Mougenot est un poète quand il s’agit de créer des ambiances sonores et visuelles.

Les constructions musicales, qui s’élaborent au rythme de l’eau ou des pas, les visiteurs dont les silhouettes, traitées de façon digitale et reflétées sur les murs, ressemblent à des ombres se mouvant outre-tombe, les barques noires glissant silencieusement dans l’obscurité : j’étais en visite sur les bords du Styx. Et pourtant, quelle paix dans ce royaume des morts! Peut-être, justement, parce qu’on ne subissait pas cette ambiance mais que les reflets lumineux , les mouvements, les notes planantes n’émanaient que de nous.

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Vue de l’exposition de Céleste Boursier-Mougenot « acquaalta », Palais de Tokyo (24.06 – 13.09 2015). Photo: Laurent Lecat. Courtesy de l’artiste et Galerie Xippas, Paris ; Paula Cooper Gallery, New York ; Galerie Mario Mazzoli, Berlin. © ADAGP, Paris 2015
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Ici, le nocher Caron.

(Photo volée)

 

 

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Anne Malherbe
Historienne de l'art, critique d'art, commissaire d'expositions.

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